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Consanguinité, schizophrénie et trouble bipolaire
    La consanguinité est une relation entre deux personnes qui partagent un ancêtre commun. Elle est habituellement définie comme le résultat d'une reproduction sexuée entre deux individus apparentés. En d'autres termes, les mariages consanguins se réfèrent à des unions contractées entre des individus biologiquement liés. Ces unions sont encore fréquentes et constituent des pratiques très répandues dans certaines régions du monde. La région la plus concernée s'étend de la rive sud de la mer méditerranée à travers le Moyen-Orient, la Mésopotamie, le Golfe persique et l'Inde subcontinentale jusqu'au sud-est de l'Asie. Sur la base des données disponibles, il apparaît que les couples apparentés au second degré ou plus et leur progéniture représentent 10,4 % de la population mondiale actuelle. Leurs conséquences sur la fréquence des maladies à déterminisme génétique sont importantes et notamment en ce qui concerne les maladies autosomales récessives. Les études de jumeaux et d'adoption et les estimations du risque de survenue de troubles mentaux chez les apparentés de sujets atteints dans les études familiales ont confirmé l'existence d'une composante génétique dans la vulnérabilité à de nombreuses affections psychiatriques. Les techniques récentes d'examen du génome entier ou étude d'association pangénomique, en anglais genome-wide association study (GWAS), permettent d'identifier de plus en plus de gènes impliqués dans les troubles mentaux majeurs tels que la schizophrénie, l'autisme et le trouble bipolaire. Les études d'épidémiologie génétique auprès de populations consanguines et/ou constituant un isolat géographique mettent en évidence une augmentation des taux de mortalité et de morbidité infantiles, de la fréquence des maladies monogéniques récessives et une concentration accrue de maladies communes multifactorielles comme les troubles psychotiques. Elles confirmeraient l'existence d'un lien significatif entre consanguinité et troubles mentaux et l'augmentation du risque au sein de la descendance des couples consanguins. Ces études sur les liens entre consanguinité et troubles psychotiques sont peu nombreuses. Les rares données dont nous disposons semblent pourtant en faveur d'une augmentation de la fréquence de la schizophrénie et des troubles bipolaires dans la descendance de parents consanguins. La découverte récente des variants génétiques rares et leurs implications dans les troubles psychotiques constituent un argument en faveur de l'hypothèse 'maladie commune-variants rares'. Dans ce cadre, l'étude de familles consanguines pourrait contribuer à tester les liens entre ces variants rares et quelques phénotypes et à établir des descriptions d'associations génotype/phénotype. Le développement de techniques nouvelles en génétique moléculaire devrait favoriser de telles études. L'ensemble de ces aspects mettent en évidence l'importance de l'étude des populations consanguines dans la compréhension du rôle des déterminants génétiques dans les pathologies psychiatriques et soulignent l'intérêt du conseil génétique pour ces communautés à hauts risques de troubles mentaux. Ils peuvent permettre également la mise en place de politiques de prévention et de sensibilisation sur les risques liés aux unions consanguines. [résumé d'auteur]


    Mots clé : SCHIZOPHRENIE ; AUTISME ; TROUBLE BIPOLAIRE ; GENETIQUE ; EPIDEMIOLOGIE ; FAMILLE ; NORME SOCIALE ; MARIAGE ; MAGHREB ;
       

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