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D'Hippocrate au DSM-5 : vingt-cinq siècles de classifications psychiatriques
    Auteurs : Haustgen, Thierry
    Date de parution : 2014
    Pagination : 615-624
    Localisation CHSA : BmHEy
    Titre de la revue : ANNALES MEDICO PSYCHOLOGIQUES
    Les classifications médicales de l'Antiquité distinguent la phrenitis , aiguë, fébrile, de la manie et de la mélancolie, chroniques. Le corpus hippocratique repose sur la théorie des humeurs, tandis que la philosophie grecque s'appuie sur la séparation de la psyche en ' âmes ' et en facultés. Du lexique latin proviennent les termes délire, folie, démence et vésanie. Galien développe les concepts de lésion 'sympathique' et de tempérament. Il localise les facultés mentales dans le cerveau. A travers la médecine arabe (Avicenne), son oeuvre se transmet aux philosophes scolastiques du Moyen Âge, puis aux nosographes de la Renaissance. Fernel et Platter distinguent l'aliénation de la faiblesse mentale. Zacchias sépare l'insania de la fatuitas et du delirium . Au xviie siècle, Sydenham, en s'appuyant sur la description empirique et l'observation clinique, introduit la notion de syndrome. Au xviiie siècle, la nosologie symptomatique de Boissier de Sauvages, inspirée du naturaliste Linné, subdivise les classes en ordres, genres et espèces. Cullen forge le terme de névrose (1769). Il en fait une classe que reprend Pinel dans sa nosographie (1798). Le xixe siècle est l'âge d'or des classifications. Le genre aliénation comprend pour Pinel cinq espèces (mélancolie, manie sans et avec délire, démence, idiotisme). Esquirol scinde la mélancolie en lypémanie et monomanie. Georget décrit la stupidité et sépare l'aliénation du 'délire aigu', sympathique ou symptomatique. Griesinger introduit le cycle de la psychose unique, qui correspond à l'aliénation unitaire des Français. Après 1850, sous l'influence de Falret, sont différenciées des ' maladies ' mentales évolutives, autonomes, multiples, en France et en Allemagne (Kahlbaum), parallèlement à l'éclosion de la théorie de la dégénérescence. Cette orientation aboutit au traité de Kraepelin, dont la classification, d'abord symptomatique, devient, à partir de la 5e édition (1896), évolutive. La 6e édition (1899) est centrée sur la folie maniaque-dépressive et la dementia praecox , devenue schizophrénie chez Bleuler (1911). De leur côté, Freud et Janet circonscrivent le champ des névroses. Ces différents travaux charpentent la nosologie psychiatrique jusqu'à la CIM-9 et au DSM-II (1968). Le concept de 'maladie' mentale est toutefois remis en cause dès l'époque de Kraepelin, au nom de la sémiologie empirique (Chaslin, 1912) et de la phénoménologie (Jaspers, 1913), qui préconisent une classification en syndromes et 'types cliniques'. Le développement des critères diagnostiques dans les années 1970 aux États-Unis conduit à la publication du DSM-III (1980) et de la CIM-10 (1992). Le DSM-IV (1994) et le DSM-5 (2013) confirment cette approche empirique, malgré des critiques sur la multiplication des nouvelles catégories et sur la méthodologie des études de terrain. [résumé d'auteur]


    Mots clé : SEMIOLOGIE PSYCHIATRIQUE ; NOSOLOGIE ; DSM ; NOSOGRAPHIE PSYCHIATRIQUE ; HISTORIQUE ; SYNDROME ; THEORIE ;
       

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