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Singularités cliniques et criminologiques de l'uxoricide : éléments de compréhension du meurtre conjugal
    L'uxoricide - le meurtre de l'épouse - est une des complications létales des violences conjugales. L'objectif de cette étude était de décrire les données socio-démographiques, cliniques et criminologiques d'hommes auteurs d'un uxoricide et de les comparer à des hommes auteurs d'un homicide intrafamilial autre ou d'un homicide extrafamilial. Méthode De janvier 1975 à décembre 2005, 32 uxoricides dans la région d'Angers ont été commis par des hommes, et ont été comparés à 26 homicides intrafamiliaux autres qu'un uxoricide et à 97 homicides extrafamiliaux. Les variables socio-démographiques, cliniques et criminologiques ont été colligées à partir des dossiers d'expertises psychiatriques pénales et complétées des dossiers médicaux. Les hommes auteurs d'uxoricide étaient d'âge moyen (37,8ans), en activité professionnelle, avec des antécédents psychiatriques (69 %), judiciaires (31 %) et de violence envers autrui (47 %). La moitié d'entre-eux avait vécu des événements de vie traumatisants dans l'enfance. Ils avaient plus souvent une qualification professionnelle d'ouvrier et moins d'antécédents judiciaires que les hommes auteurs d'un homicide extrafamilial. Le meurtre survenait majoritairement dans la soirée et lors d'une alcoolisation aiguë, plus souvent au domicile de la victime en cas d'uxoricide et d'homicide intrafamilial. L'uxoricide, qualifié plus souvent d'assassinat, s'accompagnait quatre fois moins souvent d'une autre infraction que l'homicide extrafamilial. Les auteurs d'uxoricide avaient davantage de symptômes dépressifs et d'idées suicidaires au moment du passage à l'acte et restaient sur les lieux du crime comparativement aux auteurs d'homicide extrafamilial qui prenaient plus souvent la fuite. Les auteurs d'uxoricide ou d'homicide intra- ou extrafamilial ont été reconnus pénalement responsable dans la moitié des cas. Les caractéristiques socio-démographiques, cliniques ou criminologiques des auteurs d'uxoricide ne différaient statistiquement pas de celles des auteurs d'un homicide intrafamilial en dehors d'une dispute pré- et per-délictuelle plus fréquente chez les premiers. Conclusion Identifier les spécificités de l'uxoricide participerait au repérage précoce des situations de violences conjugales à risque létal et à l'élaboration de stratégies de prévention. [résumé d'éditeur]


    Mots clé : CONJOINT ; CRIMINOLOGIE ; ETUDE COMPARATIVE ; FEMME ; HOMICIDE ; PREVENTION ; PSYCHOPATHOLOGIE ; VIOLENCE CONJUGALE ;
       

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