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Médiations [dossier]
    Auteurs : Dir. Kapsambelis, Vassilis
    Date de parution : 2012
    Pagination : 69-146
    Localisation CHSA : BmHEy
    Titre de la revue : PSYCHOTHERAPIES
    "Depuis que la psychiatrie existe en tant que discipline médicale avec une ambition thérapeutique formellement revendiquée, c'est-à-dire depuis la fin du 18ème siècle, les médiations font partie de son arsenal soignant. Faut-il songer à l'ergothérapie, véritable invariant du traitement institutionnel à travers les siècles, que Philippe Pinel, dans son Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale de 1809, présentait en ces termes : « le résultat le plus constant et le plus unanime de l'expérience que, dans tous les asiles publics, comme les prisons et les hospices, le plus sûr et peut-être l'unique garant du maintien de la santé, des bonnes moeurs et de l'ordre, est la loi d'un travail mécanique rigoureusement exécuté. » Mais cette vérité, formulée comme une évidence à l'aube de la thérapeutique psychiatrique, ouvrait davantage de questions qu'elle n'apportait de réponses. En quoi résidait exactement cet effet bénéfique sur le « maintien de la santé » ? Dans le rapport entre l'homme, malade du travail de son esprit, et le produit tangible de son travail ? Dans la mise en action, sorte de concrétude neuromusculaire opposée à l'impasse d'une activité de pensée ? Dans la relation qui ne manque de s'établir entre le malade mental qui travaille et le soignant qui encadre son activité (manuelle) ? La lente évolution de l'ergothérapie à travers les décennies illustre bien le progressif enrichissement des pratiques : d'une activité donnant lieu à un échange à base d'argent, l'ergothérapie se convertit, au moment de la réforme psychiatrique dans les années 1950, en une invitation à la créativité libératrice ­ qui, si elle ne dit pas encore son nom, à savoir le « jeu », tel que Donald Woods Winnicott va le théoriser par la suite, se pose déjà comme une médiation d'un autre type, entre pulsions difficilement exprimables par les mots et lignes, couleurs, images et figures qui viennent dire dans un langage autre que verbal. La médiation est donc double : entre un for intérieur inexprimable et sa mise en forme communicable et entre un sujet en mal d'expression verbale et un soignant qui entend recevoir cette expression pour mieux travailler avec lui. Elle peut désormais se multiplier : sociothérapie, art-thérapie, graphothérapie, mélothérapie, zoothérapie... Elle se décline en activité groupale : « groupe cuisine », « groupe chant », « groupe lecture », « groupe randonnée », « groupe écriture », « groupe presse », « groupe théâtre »... Elle devient le « fait de servir d'intermédiaire entre deux ou plusieurs choses », c'est-à-dire entre des réalités fort différentes et plus ou moins complémentaires. Elle peut revêtir la forme d'une offre expressive (au sens strict du terme), sans pour autant se comprendre comme une simple translation ou traduction, car elle inclut un travail de transformation. Prenant cet aspect sublimatoire, elle se présente comme la matérialisation de fonctions dont l'appareil psychique devrait disposer et qui lui font défaut. Quand elle sert à la communication entre deux sujets, la médiation dépasse ce que le mot indique ; elle devient in fine la création en commun des deux protagonistes de la relation thérapeutique : elle est une co-production de la rencontre. La médiation représente aussi un objet pouvant être utilisé à volonté, constituant une « possession » pour le sujet, et étant doté d'une capacité d'évocation de l'objet absent : elle est ce que Winnicott dégage sous l'appellation d' « objet transitionnel ». Situé entre le sujet et l'objet, entre le monde réel et le monde symbolique, entre la pensée et les affects, l'objet de médiation par excellence correspond à « l'aire intermédiaire d'expérience à laquelle contribuent simultanément la réalité intérieure et la vie extérieure. Là, la médiation dépasse l'ergothérapie : bien qu'en rapport avec la sublimation, elle ne vise plus la création du beau, car l'expérience qu'elle représente entend désormais la création au niveau le plus élémentaire de la vie psychique, comme aptitude générale spécifiquement humaine. Ce sont certaines de ces médiations qui sont présentées dans ce numéro de Psychothérapies. Leur diversité témoigne de leur vitalité dans les lieux de soins. La multiplicité de leurs sources d'inspiration montre la nécessité, sans cesse renouvelée, de l'invention d'un « entre-deux » pour pouvoir profiter de l'entreprise thérapeutique."


    Mots clé : ART THERAPIE ; ATELIER THERAPEUTIQUE ; CADRE THERAPEUTIQUE ; CAS CLINIQUE ; CREATIVITE ; ELABORATION PSYCHIQUE ; ESPACE TRANSITIONNEL ; MEDIATION THERAPEUTIQUE ; OBJET TRANSITIONNEL ; PROCESSUS CREATIF ; PROCESSUS PSYCHIQUE ; PSYCHOTHERAPIE DE GROUPE ; RELATION THERAPEUTIQUE ; SPECIFICITE ; SUJET ;
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