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La prolongation de peine et le psychologue. Table ronde, 'Troisièmes entretiens francophones de la psychologie'
    Trois personnalités expriment leur position, à l'occasion d'une table ronde, animée par A. Létuvé, dans leur domaine respectif (justice, psychiatrie, psychologie), à propos de la loi relative à la rétention de sûreté et à la déclaration d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental, adoptée par le Parlement le 25 février 2008. Robert Badinter démontre en quoi cette loi introduit une rupture radicale en matière de pénalité. D'une justice de responsabilité, justice de réinsertion, dans laquelle on répond de ses actes, on passe à une justice de sûreté, justice d'élimination. Une fois la peine purgée, la rétention se fonde sur l'appréciation, faite par des experts, de la dangerosité criminologique, confondue avec une dangerosité psychiatrique. Psychiatres et psychologues sont directement concernés. Bernard Cordier, psychiatre, rappelle les conditions de privation de liberté, définies dans la loi du 27 juin 1990, et pose le problème de l'appréciation de la dangerosité dans le cadre de l'expertise pénale. La nouvelle loi sur la rétention parle de 'troubles graves de la personnalité', elle ne parle pas de 'maladie mentale'. Si le psychiatre peut poser un diagnostic, la question du pronostic est totalement différente. La dangerosité criminologique ne peut s'évaluer qu'en logique pluridisciplinaire. Anne Andronikof, psychologue, rappelle que la notion de dangerosité n'a aucune dimension scientifique et qu'on ne sait pas grand-chose, aujourd'hui, en matière de prédiction du passage à l'acte. Dorénavant, selon la logique de cette loi, le pronostic sera fait non plus en fonction de l'état mental d'une personne, mais en fonction de la nature psychologique de cette personne. S'il est légitime qu'une société juge que des comportements sont ou non appropriés, comment peut-on légitimer un jugement sur des traits de personnalité ? Cela introduit une dimension normative à la personnalité. Psychiatre et psychologue s'accordent pour conclure que, sur le plan de l'éthique et sur le plan scientifique, une seule position est possible : refuser de participer à ce dispositif. [résumé d'auteur]


    Mots clé : DANGEROSITE ; DEBAT ; DISCERNEMENT ; DROIT PENAL ; ETHIQUE ; EXPERTISE JUDICIAIRE ; PEINE ; RESPONSABILITE PENALE ; RETENTION DE SURETE ;
    Volume : 62
    Numéro : 500-2
       

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