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L'évolution du concept de mythomanie dans l'histoire de la psychiatrie
    "Au XIXe siècle, les allégations mensongères et l'exubérance imaginative sont signalées dans plusieurs formes d'aliénation mentale: monomanie intellectuelle (Esquirol, 1819), folies héréditaires (Morel, 1860), mégalomanie (Dagonet, 1862 et 1876), délire de grandeur (Foville, 1871) ƒ avec prévalence de thèmes de filiation ƒ et surtout folie hystérique (J. Falret, 1866; Lasègue, 1881). Plusieurs mystificateurs célèbres dans l'histoire (fausses Jeanne-d'Arc, faux Louis XVII) auraient présenté ce type de troubles. Delbrück trace pour la première fois en Allemagne le tableau d'une forme d'aliénation reposant sur la déformation de la vérité qu'il nomme mensonge pathologique ou pseudologie fantastique (1891). Le Français E. Dupré (1862-1921) décrit en 1905 la mythomanie et ses trois formes: 1) vaniteuse (hâblerie fantastique, autoaccusation criminelle, simulation de maladies); 2) maligne (mystification, hétéroaccusation calomnieuse); 3) perverse (escrocs, séducteurs d'habitude, mythomanes errants). À partir de 1910, il en fait le fondement des délires d'imagination, soit chroniques (autosuggestion, fabulation), soit aigus (souvent symptomatiques de troubles mentaux organiques). En 1919, à travers sa doctrine des déséquilibres constitutionnels héréditaires, il en fait le substratum de l'hystérie. Cette conception est reprise par Delmas et Boll (1922), Heuyer (délire de rêverie, 1922), Vinchon (1926), Dide (1935), mais critiquée par l'école de Charcot (Janet), le courant phénoménologique (K. Schneider) et les adeptes de la notion de structure (Ey). Les paraphrénies confabulante et fantastique de Kraepelin (1913) sont rapprochées des délires d'imagination par les élèves de H. Claude (Nodet, 1937). Mais l'intuition devient un mécanisme délirant autonome (1931), tandis que Delay (1942), puis Guiraud (1956) différencient la fabulation de la mythomanie. Le terme disparaît des classifications à partir du DSM-III (1980), l'entité de Dupré se trouvant éclatée entre les troubles délirants (à type de grandeur), les troubles factices, les personnalités antisociales, narcissique et borderline. La tendance actuelle est en revanche de différencier le mensonge pathologique des troubles délirants, du syndrome de Ganser et de la confabulation (presbyophrénie ou syndrome de Korsakoff). Ses liens avec la personnalité histrionique restent par ailleurs controversés.[résumé d'auteur]"


    Mots clé : HISTOIRE DE LA PSYCHIATRIE ; MYTHOMANIE ; DELIRE D'IMAGINATION ; PARAPHRENIE ; SYNDROME DE KORSAKOFF ; SYNDROME DE GANSER ; CONFABULATION ; CONCEPT ;
       

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